Un cristal brut posé sur une ardoise sombre, éclairé de côté

Choisir sa première pierre quand on n'y connaît rien

On me pose souvent la question, toujours avec la même gêne : par quoi je commence ? Comme s'il y avait une réponse juste, et qu'on risquait de se tromper.

Il n'y en a pas. Voici plutôt ce que j'aurais aimé qu'on me dise.

Prenez celle qui vous attire

C'est le conseil le plus banal et le seul qui tienne. Vous allez regarder trente photos, et deux ou trois vont accrocher votre œil sans que vous sachiez pourquoi. Prenez celles-là.

Les listes de correspondances — telle pierre pour telle chose — viennent de traditions réelles, mais elles se contredisent allègrement d'un ouvrage à l'autre. La même améthyste sera dite apaisante ici, stimulante là. Si vous débutez, ces listes vous embrouilleront plus qu'elles ne vous aideront.

Regardez la forme avant la variété

C'est ce qui change le plus l'usage au quotidien.

  • Une pierre roulée ou brute de petite taille se glisse dans une poche. C'est celle qu'on touche machinalement dans le train.
  • Une sphère ne se transporte pas. Elle se pose, et la lumière y tourne sans arrête pour l'interrompre.
  • Une pointe ou une tour tient debout seule. C'est un objet de meuble, pas de poche.
  • Une géode est une pièce d'exposition. Souvent la plus chère, toujours la plus encombrante.

Si vous hésitez : commencez petit et brut. C'est le format le moins cher, le plus proche du minéral d'origine, et celui qu'on garde le plus longtemps.

Trois pierres qui pardonnent

Non pas parce qu'elles feraient quoi que ce soit, mais parce qu'elles sont solides, courantes, et rarement décevantes à la réception.

Le quartz clair. Transparent à laiteux, très dur, il ne craint ni l'eau ni la lumière. C'est la pierre la plus facile à vivre.

L'améthyste. Le violet varie énormément d'une pièce à l'autre, du presque incolore au sombre. Attention : elle pâlit au soleil direct. Ne la posez pas sur un rebord de fenêtre plein sud.

Le quartz rose. Souvent laiteux, parfois traversé de fractures internes qui accrochent la lumière. Ces fractures ne sont pas un défaut.

Ce qu'il faut éviter au début

La sélénite, aussi belle soit-elle. Elle se raye à l'ongle et se délite à l'eau. J'en ai abîmé deux avant qu'on me prévienne. Superbe, mais pas pour une première.

Les pierres aux couleurs impossibles. Un bleu électrique, un rose fluo, un vert pomme : c'est presque toujours une pierre teintée ou chauffée. Ce n'est pas illégal quand c'est annoncé — ça l'est quand ça ne l'est pas.

Ce que vous recevrez ne sera pas la photo

Il faut le dire clairement, parce que c'est la première déception possible.

Une pierre naturelle varie. La teinte, le veinage, les inclusions, les dimensions au millimètre près : rien de tout cela n'est reproductible d'un exemplaire à l'autre. La photo montre un exemplaire, pas le vôtre.

C'est ce qui fait qu'aucune pièce n'est identique à une autre. Mais si l'écart vous déçoit, vous avez quatorze jours pour changer d'avis, sans avoir à vous justifier.

Une dernière chose

Une pierre ne soigne pas. Elle n'attire ni l'argent ni l'amour, et elle ne remplacera jamais un médecin. Ce que vous achètez, c'est un objet de matière, chargé d'histoires anciennes que je vous raconte comme des histoires.

Ce n'est pas rien. Mais ce n'est que ça.

Si vous hésitez encore, écrivez-moi. Je répondrai sans essayer de vous vendre quoi que ce soit.

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